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ArriveCAN : Les agents frontaliers n’ont jamais été consultés, dit le président national du SDI au comité des opérations gouvernementales

Photo du drapeau du SDI

Le jeudi 20 octobre 2022, le président national du Syndicat des Douanes et de l’Immigration, Mark Weber, a témoigné devant le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires de la Chambre des communes dans le cadre de l’étude du Comité sur l’application ArriveCAN.

S’adressant au Comité, le Président national du SDI a critiqué l’Agence, soulignant le manque total de consultation avec les agents de première ligne — tant dans le contexte d’ArriveCAN qu’en général. « Ce qui est peut-être le plus vexant au sujet d’ArriveCAN, c’est la façon dont l’application a été élaborée sans aucune consultation significative avec les agents de première ligne, et sans que l’on recherche un quelconque apport de leur part. Cela n’a pas été le cas lorsque l’idée a été proposée pour la première fois, ni lorsque l’application a été développée initialement, et certainement pas à aucun moment au cours de l’une des plus de 70 mises à jour que l’application a dû subir », a déclaré le président national au Comité, expliquant qu’il était « absurde » de développer une application conçue pour la première ligne sans impliquer ceux et celles qui servent à la frontière. Si cela avait été le cas, les agents auraient été en mesure de signaler les problèmes potentiels — ArriveCAN en ayant vu plus d’un — avant qu’ils ne surviennent.

« Comme poser du papier peint avant de couler les fondations »

Le président national du SDI a également souligné que la décision de financer le développement d’ArriveCAN aux dépens de questions plus urgentes, telles que la grave crise de dotation en personnel, était hautement problématique, la comparant à « poser du papier peint avant de couler la fondation » et soulignant qu’ « en choisissant d’investir des dizaines de millions de dollars dans ArriveCAN alors que ses services frontaliers manquent de personnel et sont surchargés de travail, le gouvernement fédéral joue tout simplement avec la capacité du Canada à maintenir une frontière sûre et qui fonctionne correctement. »

ArriveCAN n’est pas le seul problème

ArriveCAN n’est certainement pas unique à l’ASFC. Ce n’est qu’un exemple d’une longue série de solutions technologiques mal adaptées pour le long terme qui, en fin de compte, ne parviennent pas à améliorer la sécurité et l’efficacité frontalières de façon réelle : les kiosques d’inspection primaire, les portes électroniques, les déclarations à distance, etc. Ce que celles-ci ont également en commun, c’est qu’elles sont toujours élaborées sans la participation du personnel de première ligne qui travaille à la frontière.

« Ce que le gouvernement et l’ASFC peuvent apprendre de l’expérience d’ArriveCAN est que, s’ils veulent gérer efficacement et correctement notre frontière, tout en s’assurant de la solidité des projets conçus à cette fin, ils doivent compter sur l’expertise des agents frontaliers de première ligne et la solliciter de manière significative », a conclu Mark Weber. « Nos membres sont fiers du travail qu’ils accomplissent, ils sont fiers de servir les Canadiennes et les Canadiens, et je sais qu’ils sauteraient sur l’occasion d’aider à améliorer nos processus frontaliers. »

Un enregistrement de la réunion du Comité peut être visionné ici.

Le président national du SDI rencontre le ministre de la Sécurité publique

Photo du drapeau du SDI

Le vendredi 5 août 2022, le président national du SDI, Mark Weber, a rencontré l’honorable Marco Mendicino, ministre de la Sécurité publique, pour discuter des problèmes qui touchent les membres du SDI et les services frontaliers à travers le pays.

Lors de cette première rencontre avec le ministre, Mark Weber a souligné plusieurs enjeux, allant des effets de la mise en œuvre de l’application ArriveCAN et d’autres processus automatisés sur le travail de nos membres, au manque de consultation de la part des échelons supérieurs de l’ASFC avec les agentes et agents de première ligne lorsqu’il s’agit de politiques et de procédures. « Partout au pays, ce que nous entendons de la part de nos membres, c’est qu’ils ne font plus le travail pour lequel ils ont été formés en vue d’assurer la sécurité de nos frontières », a expliqué M. Weber au ministre, ajoutant que « les plans de l’ASFC sont élaborés par des personnes qui n’ont jamais travaillé à la frontière » et que l’Agence ne pouvait qu’être gagnante en consultant celles et ceux qui ont une expérience directe de ce qui fonctionne—et de ce qui ne fonctionne pas—en première ligne.

Le ministre Mendicino a reconnu que les deux dernières années avaient été difficiles pour beaucoup, surtout pour celles et ceux travaillant en première ligne, y compris les agentes et agents frontaliers, et a exprimé sa gratitude pour le travail qu’accomplissent les membres du SDI. Le ministre a également souligné qu’il tenait à éviter les déconnexions entre les personnes sur le terrain et celles prenant les décisions et qu’il souhaitait maintenir une ligne de communication ouverte avec le syndicat à l’avenir.

Cette réunion, qui a eu lieu la veille de la date anniversaire de la mobilisation sans précédent du groupe FB l’année dernière, a clairement montré que le ministre est conscient des nombreux problèmes auxquels les membres du SDI sont confrontés, et nous espérons que cela ouvrira la voie à une relation constructive entre le syndicat et le ministère de la Sécurité publique.

Il faut éliminer d’urgence l’attente aux frontières : l’automatisation n’est pas la solution

La situation dans les aéroports et aux postes frontaliers continue de se détériorer, et il est évident que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et le gouvernement fédéral n’ont pas de plan pour régulariser les voyages internationaux dans un proche avenir.

Les voyageurs s’agglutinent dans les aéroports et les files de véhicules s’étendent à perte de vue aux postes frontaliers. Pourtant, le gouvernement du Canada s’entête à se fier à l’application ArriveCAN, mal gérée depuis le début, plutôt qu’à l’expertise des agentes et agents frontaliers qui ont continué de servir la population malgré la pandémie.

Parallèlement, l’AFPC manque d’agentes et d’agents frontaliers partout au pays. Elle pourrait trouver des solutions efficaces pour venir à bout de cette pénurie, mais elle préfère leur imposer des heures supplémentaires et refuser leurs demandes de congé, entre autres mesures draconiennes. Comme si ce n’était pas suffisant, elle épuise davantage ses maigres effectifs en faisant fi de l’incidence qu’a la situation sur leur santé physique et mentale. Cette situation compromet aussi les autres activités aux frontières lorsque le personnel appelé à gérer les passagers ne peut plus accomplir des tâches importantes pour la sécurité du pays, notamment intercepter des marchandises dangereuses.

Soyons clairs : les problèmes liés au personnel et les longs délais d’attente aux frontières sont les fruits d’années de négligence. Pendant tout ce temps, aucun gouvernement n’a consulté les agentes et agents dévoués de l’ASFC sur la meilleure façon d’assurer le déroulement simple et efficace des activités aux frontières.

Si le gouvernement tient vraiment à éliminer pour de bon les longs délais d’attente et leurs lourdes répercussions sur la sécurité, le tourisme et le commerce transfrontalier, il n’a qu’à tourner le dos aux technologies inefficaces, embaucher plus d’agents frontaliers et miser sur leur expertise.

Nous le répétons depuis longtemps : le gouvernement doit se doter immédiatement d’un plan à long terme qui ne repose pas sur l’automatisation. Le Syndicat des Douanes et de l’Immigration s’entretiendra avec le ministre de la Sécurité publique Marco Mendicino au début d’août. Nous espérons qu’il sera à l’écoute.

Entre temps, signez la pétition ci-dessous pour rappeler au gouvernement qu’il doit agir urgemment pour que les voyageurs et les travailleurs puissent souffler un peu. Ils en ont besoin.

Cet article provient du site de l’AFPC.

ArriveCAN : un pas dans la mauvaise direction

Photo du drapeau du SDI

Le mercredi 15 juin 2022, le président national du Syndicat des Douanes et de l’Immigration, Mark Weber, a témoigné devant le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes dans le cadre de son étude sur les impacts potentiels de l’application ArriveCAN sur certains secteurs canadiens, soulignant les conséquences négatives de l’application sur les voyages transfrontaliers et sur les fonctions des agents frontaliers.

Dans sa déclaration d’ouverture au Comité, le président national a été sans équivoque : en ce qui concerne les agents frontaliers, les derniers mois ont démontré qu’ArriveCAN ne facilite aucunement les voyages transfrontaliers et n’améliore pas l’efficacité opérationnelle. Bien au contraire.

« Toute agente ou agent frontalier qui travaille en première ligne vous dira que la mise en œuvre de l’application ArriveCAN a vu les délais de traitement monter en flèche » a témoigné Mark Weber, critiquant les statistiques erronées de l’ASFC. « Là où un poste frontalier traitait 60 voitures par heure auparavant, il n’en traite plus que 30, voire moins. Aux frontières terrestres, en ce qui concerne les opérations voyageurs, cela signifie que les voitures attendent pendant des heures, et se voient parfois redirigées vers un autre poste plus éloigné. Dans les aéroports, cela signifie que les voyageurs s’entassent et débordent hors de la zone des douanes. Dans tous ces endroits, cela se traduit par une expérience frustrante pour toutes les personnes concernées. »

L’ASFC continue de se fier à une technologie automatisée inefficace

Répondant aux questions des membres du Comité, le président national du syndicat a également expliqué que si ArriveCAN a été introduite pour recueillir des données sur la santé publique, c’est l’application elle-même qui a rendu le processus inutilement compliqué, et que des solutions plus simples devraient être envisagées. Plus important encore, la mise en œuvre d’ArriveCAN a forcé les agents frontaliers à offrir du soutien technique plutôt que de se concentrer sur leurs tâches d’application de la loi, ce qui vient aggraver l’éternel problème du manque chronique de personnel à tous les niveaux des opérations frontalières.

M. Weber s’en est également pris à la mauvaise utilisation de la technologie par l’ASFC, soulignant que l’application « l’ASFC suit le même modèle de dépendance excessive à l’égard de technologies automatisées que nous avons déjà vu avec les bornes d’inspection primaire » diminuant l’efficacité et affaiblissant la sécurité au niveau de la frontière.

En bout de ligne, si le gouvernement et ses agences souhaitent faciliter les déplacements transfrontaliers ainsi que la circulation des biens commerciaux, alors ArriveCAN est un pas dans la mauvaise direction. « La technologie a certainement sa place, a déclaré M. Weber, « mais elle doit être utilisée pour aider les voyageurs et assister les agents, et non leur faire entrave. À cet égard, ArriveCAN ne fonctionne tout simplement pas. »

Un enregistrement de la réunion du Comité peut être visionné ici.

Réponse au Montreal Gazette

Photo du drapeau du SDI

La version originale du texte suivant, en anglais, a été envoyée par le président national du SDI à la rédaction du Montreal Gazette en réponse à l’article « Confusion swirls around ArriveCAN app and its use at the Canadian-U.S. border », publié le 7 décembre 2021.


Dans un article qui laisse perplexe, le Montreal Gazette rapportait récemment que le gouvernement fédéral avait répondu « à l’excès de zèle des agents frontaliers » qui avaient « ordonné à des voyageurs canadiens entièrement vaccinés de passer 14 jours en quarantaine pour avoir omis de remplir correctement l’application ArriveCAN » [traduction libre].

Les agentes et agents frontaliers, qui doivent exercer leurs fonctions conformément aux directives appropriées, ne rédigent pas de politiques de sécurité ou de santé publique, n’émettent pas de décrets d’urgence, et ne conçoivent certainement pas d’applications destinées aux voyageurs.

Cela ne veut pas dire que le processus d’entrée au Canada, rendu plus complexe par les nouvelles politiques émises en réponse à la pandémie qui est en constante évolution, ne sera pas une source de confusion pour certains voyageurs. Mais ce serait faire preuve d’une grave erreur et ainsi manquer la cible que de blâmer les agents frontaliers pour une situation sur laquelle ils n’ont en fin de compte aucun contrôle.

En effet, les agents n’ont aucune marge de manœuvre ni aucun pouvoir discrétionnaire lorsqu’il s’agit d’appliquer des décrets, et le décret émis avant le 7 décembre se résumait essentiellement à ceci : les voyageurs devaient remplir l’application ArriveCAN avant d’entrer au Canada par un point d’entrée frontalier terrestre, sous peine d’être mis en quarantaine pendant 14 jours.

Cette mesure n’est pas due à un quelconque « excès de zèle » de la part des agents. Il s’agit d’un ordre émis par le gouvernement canadien, qui doit être appliqué à tous les voyageurs, quel que soit leur statut vaccinal. De plus, bien que cela puisse conduire à des situations frustrantes, la formulation de l’ordre ne laissaient aucune marge de manœuvre aux agents pour accommoder les voyageurs. Cette situation est bien sûr aggravée par le manque chronique de personnel qui touche les services frontaliers en général, ce qui signifie que les postes frontaliers ne sont pas aussi efficaces qu’ils pourraient l’être.

Bref, au moment de la rédaction de la présente, suite aux directives mises à jour plus tôt cette semaine, la situation demeure la suivante pour les voyageurs entrant au Canada :

  • Les voyageurs doivent toujours remplir l’application ArriveCAN avant leur arrivée. Cette démarche est toujours obligatoire.
  • Comme c’était le cas auparavant, les voyageurs qui ne remplissent pas l’application ArriveCAN à l’avance peuvent retourner aux États-Unis pour le faire, puis entrer de nouveau au Canada.
  • Si les conditions le permettent, les voyageurs peuvent maintenant remplir l’application ArriveCAN une fois à un poste frontalier terrestre, bien que cela ne soit pas toujours faisable sur le plan opérationnel.
  • Les voyageurs qui se rendent au-delà du point d’entrée sans avoir rempli l’application ArriveCAN devront toujours être mis en quarantaine.